Plus de 45% des détenus meurent à cause de la torture.

Le 26 juin de chaque année, le monde célèbre la journée consacrée par les Nations – Unies aux victimes de la torture.

Le 26 juin , journée internationale pour le soutien des victimes de torture, nous tient particulièrement à cœur, chez L’Association Pour Les Droits de L’Homme et L’Univers Carcéral (ADHUC), puisque qu’elle est non seulement l’occasion de réfléchir au travail que nous accomplissons dans le domaine de la défense des droits des victimes de torture en République du Congo, mais aussi celle de lever une fois de plus nos voix pour dénoncer cette atrocité, alors que les cas de torture continuent d’augmenter au Congo depuis le référendum du 25 Octobre 2015 , l’élection présidentielle du 20 mars 2016 , les attaques du 04 Avril 2016 dans les quartiers sud de Brazzaville et la crise dans le Département du Pool , les leaders politiques et leurs membres y compris certains citoyens croupissent en prison , qui prend la forme de la torture morale, psychologique en violation des principes de la garde à vue par la police judiciaire et de la détention préventive par les magistrats.

L’usage de la torture anéantit le sens de la personnalité des victimes et les rend impuissants. C’est pour cette raison fondamentale que notre pays, la République du Congo a adhéré le 30 juillet 2003, à la convention contre la torture et autre peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants. A ce titre, plusieurs mesures devraient être prises afin de mettre en application cette convention : l’interdiction de l’usage de la torture par les différentes lois nationales, la formation des acteurs de terrain sur les dangers que représente cette pratique avilissante, la mise en place des mécanismes de réparation des préjudices subis par les victimes, etc.

En République du Congo, la torture et les mauvais traitements surviennent le plus souvent aux stades de l’arrestation, du transport, de garde – à vue, de la détention et des interrogatoires de police et de gendarmerie des personnes interpellées.

Certains commissariats de police au Congo ont la triste réputation d’être des lieux où les tortures sont exercées sur les personnes, entrainant souvent la mort de ces dernières. Plus de 45 % de cas de décès sont causés par la torture dans ces lieux de détention de l’absence de mesures conséquentes, pour une enquête sérieuse afin d’identifier et sanctionner les coupables, favorise la recrudescence de tels actes et laisse les tortionnaires jouir d’une totale impunité.

Bien que le Congo soit partie à la Convention, il ne dispose malheureusement d’aucune loi ou règlement prévoyant la criminalisation ou la prévention de ces actes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. La protection accordée par l’article 11 et la seule énumération de cette question aux articles 14 et 15 de la Constitution de 25 octobre 2015, sont insuffisantes à cet égard. Dans la pratique, des actes de tortures ne sont pas poursuivis, mais par ricochet sous la qualification de violences ou de coups et blessures et volontaires.

Par ailleurs, les victimes d’actes de tortures n’ont pas souvent l’accès facile à la justice et à un suivi médical adéquat. Ceci s’explique par le manque de moyens ou de matériels appropriés et par le fait que les victimes ne dénoncent pas ouvertement ces pratiques, du fait de la peur ou de la honte (notamment pour les victimes des violences sexuelles) ainsi que par la méconnaissance des structures habilitées à fournir l’aide.

L’Association pour les Droits de l’homme et l’Univers Carcéral (ADHUC) félicite le Gouvernement du Congo de la ratification du protocole facultatif à la convention contre la torture des Nations-Unies.

Pour la consolidation de la paix en République du Congo, L’ADHUC demande au Gouvernement de : 

  • Prendre des mesures pour mettre un terme à la pratique de la torture,
  • Prévenir sa survenance, compenser les victimes et sanctionner les tortionnaires,
  • Mettre en place un mécanisme national de prévention de la torture (MNP) au Congo et de confier les attributions dudit mécanisme à la Commission Nationale des Droits de L’Homme (CNDH),
  • Libérer sans condition tous les prisonniers politiques dont la détention préventive est passée à la détention arbitraire conformément à la législation nationale.

POUR L’ADHUC,
LOAMBA MOKE PRESIDENT

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