MASSACRE DES ENFANTS AU COMMISSARIAT DE CHACONA, APRÈS LE MEURTRE, LA DIFFAMATION D’ÉTAT !

Paris le 27 juillet 2018 – La coordination

Urbain DURBAGNE, 19 ans, assasiné au commissariat de CHACONA

Les criminels ont du mal à accorder leurs violons. Après avoir nié, la junte congolaise reconnaît par son ministre de l’Intérieur qu’une vingtaine de jeunes garçons ont été interpellés, seize ont été placés en garde à vue ; garde à vue au cours de laquelle treize ont trouvé la mort dans des circonstances inconnues du ministre. Cette nouvelle version contredit celle du porte parole de la junte, le propagandiste Thierry Moungala.

Ce qui reste constant dans les deux versions, c’est la volonté délibérée de diffamer des enfants massacrés par la milice du pouvoir.

Opportunément, la junte exhibe le décès tragique d’un citoyen, Julien OBONGO, le 9 juillet, pour justifier les interpellations du 21 juillet. Pourtant, aucun article de blog, presse congolaise, presse officielle ou rumeur congolaise n’avait fait écho de ce décès avant ce massacre des enfants au commissariat de Chacona. Même les Dépêches de Brazzaville, organe officiel de la dictature, n’en parle pas. Notre question : existe t-il vraiment un Julien OBONGO décédé le 9 juillet ? Comme pour la rixe, il est nécessaire d’en douter sérieusement.

Thierry Moungala dans sa première version disait “Il ne s’est rien passé au commissariat  […] deux bandes se sont affrontées de manière très violente sur la voie publique avec pour conséquence la mort de plusieurs hommes”.

Nous passons donc de la mort de plusieurs hommes autour du 21 juillet  à celle d’un seul le 9 juillet. Le ministre de l’Intérieur parle d’une vingtaine interpellée, seize en garde à vue et treize décédés  : où sont donc les trois autres du groupe des seize ?

Aucun média représenté sur le terrain n’a diffusé à ce jour la parole des familles des victimes. Les correspondants, prompts à sortir caméras et appareils photo pour les coupures de ruban du tyran, restent incapables de sortir des images du commissariat ou simplement le noms des victimes.  Treize adolescents congolais massacrés par la police sensée les protéger et aucune représentation étrangère n’est capable d’exiger de son partenaire congolais la lumière sur cette tragédie aussi cruelle que barbare.

Après le meurtre, la diffamation d’Etat a pris le relais. Ce n’était que des Congolais et ils n’étaient pas au fond d’une grotte avec un entraîneur de football. Ce n’était pas de jeunes anglais dans un concert d’Ariana Grandé. Ils n’étaient rien et leur mémoire peut être déshonorée sans conséquence.

L’une des victimes était Urbain Durbagne, 19 ans, son bac en poche.  Il a été arrêté devant sa maison à Mikalou. Il était le neveu de l’avocat Maître Steve BAGNE. Il n’était ni un “bébé noir”, ni un “délinquant”, ni engagé dans une rixe imaginaire ou complice d’un meurtre hypothétique.  

A Urbain et à tous ses autres jeunes qui sont morts avec lui : nous ne vous oublierons pas même si vos proches seront tenus au silence par les armes !

La Coordination du Collectif Sassoufit

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