Comment Sassou prépare l’opinion africaine contre le FMI

Le vieux tyran congolais, Empereur de la Françafrique et de ses relais corrompus qu’il alimente généreusement depuis des décennies, du fond de sa Berezina affûte ses derniers coups. Que ne ferait-il pas pour obtenir du FMI, sans aucune condition préalable le plan de sauvetage, dont il a tant besoin pour rester indéfiniment à la tête de l’Etat congolais et de son pouvoir criminel ?

Le 24 avril 2018 – PAR COORDINATION COLLECTIF SASSOUFIT

Toutes les pistes sont bonnes, et quelques soudards jeunes et vieux restent fidèlement à ses côtés. Il sait qu’il peut compter sur une Rédaction de Radio France Internationale toujours prompte à rapporter, sans discussion aucune, sa propagande infâme. Alors, grâce à un petit billet de la Voix de la France à l’étranger, ces Congolais adeptes de la sorcellerie n’ont eu aucun mal à ressusciter la très obscure Organisation syndicale des travailleurs d’Afrique centrale (Ostac) ; “en veilleuse depuis plusieurs années”, selon la “radio de Paris”, mais en réalité dans un coma profond tout au long des années de pillage plus que de corruption qu’a connu le malheureux Congo.Durant ces vingt dernières années, l’Ostac s’est tue royalement. Elle n’avait pas trouvé bon de s’élever contre les récents licenciements, par milliers de travailleurs principalement à Pointe Noire. Les mois, les trimestres et les semestres de retards de salaires ne l’ont pas non plus émue ; pas plus les pénuries de carburant pour les voitures, de kérosène pour les avions, les retards de bourse pour les étudiants bloqués à Cuba, à Moscou et partout dans le monde , sans oublier les hôpitaux fermés et leurs personnels impayés… 

Les tentatives de grèves dans le secteur pétrolier, qui a cassé des dizaines de milliers d’emplois, n’ont pas réussi à obtenir son soutien. Il était clair pourtant que le Général Ndenguet était à la manoeuvre pour briser, par la menace et l’intimidation, tout arrêt de travail annoncé notamment chez TOTAL. Le très sensible secteur de l’éducation n’était pas en reste. Le même général, toujours chargé des basses oeuvres, s’en est donné à coeur-joie dans la torture des leaders estudiantins notamment avec Nelson Apanga et Béranger Bouet. Il  n’en fallait pas plus pour que toute idée de grève soit abandonnée par les responsables syndicaux des autres secteurs, trop conscients des dangers auxquels eux-mêmes ou des membres de leur famille étaient exposés.
L’Ostac était alors dans son coma profond et ce n’était sûrement pas la Rédaction de RFI qui allait réveiller cette Laide au Bois dormant syndicale de la République bananière du Congo…!
Cette organisation syndicale miraculeuse avait été créée sous Sassou 1 à la faveur déjà d’un Programme d’Ajustement Structurel du FMI auquel avait veillé des structures pétrolières, mortes depuis : ELF la sulfureuse récupérée au bénéfice d’une OPA par TOTAL et AGIP, depuis devenue ENI, la pétroleuse italienne.
Déjà, il était question d’atténuer les effets drastiques préconisés par les équipes du FMI. Mais pas une d’entre elles n’avait pensé s’attaquer à la corruption et aux détournements dans le secteur pétrolier ; ni de supprimer la décote de 5 dollars, imposée par ELF, sur chaque baril de mélange Djeno produit, alors que le prix du baril de pétrole était inférieur à 20 dollars.
Le processus qui a abouti à l’adoption par le Congo en 1985 d’un programme d’ajustement structurel avait été marqué par trois phénomènes qui sont la baisse du rythme de croissance, la crise des finances publiques et la dégradation de la situation monétaire et de la balance des paiements.
Les autorités du Congo avait opté pour « la rupture avec la division internationale capitaliste du travail et la construction d’une économie autocentrée et autodynamique » puis avait fini par se soumettre aux exigences du FMI, précisément au moment où s’exécutait le plan quinquennal 1982-1986 qui était censé incarner l’option choisie.
En ressuscitant, fort à propos, l’Ostac,  comme il l’avait déjà fait en 1985, ce régime totalitaire va jouer sur le ressort de l’anti-libéralisme — déjà relayé par la Rédaction de RFI –, du néocolonialiste, de l’anti-impérialisme, de l’anti-capitalisme et de la xénophobie. Peu importe pour tous si cela évolue tout simplement en une haine primaire du blanc…
A 84 ans, Martin Alini est l’un des plus vieux syndicalistes gabonais mais aussi le président d’honneur de l’Ostac. Pour lui, les conditions qui encadrent les programmes de bailleurs de fonds en Afrique centrale rappellent la colonisation.

« Si nous sommes indépendants, pourquoi ils ne le font pas dans d’autres pays ? demande-t-il. Pourquoi ils ne le font pas à Cuba ? Ils croient que l’Afrique centrale en générale et le Gabon est un département pour donner les ordres ? » 

Daniel Mongo la marionnette de Sassou

La Confédération syndicale congolaise a été créée le 8 novembre 1964. La C.s.c a eu 26 années d’activités en tant que centrale syndicale unique, sous le monopartisme. Aussi l’appelait-on organisation de masse et de classe du M.n.r (Mouvement national de la révolution), puis du P.c.t (Parti congolais du travail), parti unique.
Daniel Mongo c’est le PCT. Il était suppléant de Hugues Ngouelondele, beau-fils de Sassou Nguesso durant la précédente législature. 

« Nous connaissons tous la politique du Fonds monétaire international, déclare Daniel Mongo, secrétaire général de la Confédération syndicale congolaise et par ailleurs président en exercice de l’Ostac. C’est de faire en sorte qu’il y ait des situations qui puissent encore amener les travailleurs à une pauvreté extrême. Mais nous insistons sur le dialogue social tripartite. C’est l’instrument qui pourrait amener les uns et les autres à se comprendre, pour que les mesures ne soient pas toujours drastiques. »
L’opposition congolaise qui a le plus grand mal à attirer l’attention de RFI, la  Voix de Paris, — notamment sur le sort des prisonniers politiques et de Ghys Fortuné Demba leur confrère — ne peut qu’en mesurer le tour de force accompli par cette dernière avec cette trouvaille d’un syndicaliste quasi-centenaire et de son obscure organisation pour se mettre en travers du FMI. C’est fort de café  et mal à propos !

Nous connaissons tous la politique de Sassou Nguesso, 3 faillites frauduleuses en 33 ans de règne. Sassou a conduit seul et comme un casse-cou ignorant le Congo dans l’extrême pauvreté.La visée véritable de cette résurgence c’est d’imposer Mongo, à la suite du négociateur mafieux Lucien Ebata, sur la table des exigences du FMI comme représentant d’une « société civile congolaise indépendante ». Cette vaine manœuvre vise à enfermer une fois de plus le FMI dans un dialogue avec une organisation régionale ni représentative et encore moins légitime. La CSC et son pendant régional l’OSTAC plaideront pour des exigences assouplies, agiteront les passions tristes des populations pauvres et illettrés contre le FMI puis dans l’opportunité des vrais-faux troubles sociaux télécommandés, des mesures drastiques d’ordre pour verrouiller encore plus ce qui est déjà, depuis le référendum de 2015 approuvé par François Hollande, une immense prison à ciel ouvert.
Le FMI ne doit pas accepter de dialogue social tripartite avec la CSC comme représentant des travailleurs congolais ; mais bien accepter à sa table ce qu’elle n’a pas encore fait, une véritable représentation de la société civile.
L’article anonyme de RFI signé « la rédaction » n’est que la première brique de cette opération de manipulation des masses. En filigrane, on peut y voir la main d’un Sassou.

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